DJIBOUTI 1976 – ATTENTAT CONTRE 31 ENFANTS OTAGES

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Le 3 février 1976

Le 3 février 1976 à 7h15 à Djibouti (TFAI – territoire français des Afars et des Issas), un car scolaire de l’armée française est pris en otage par 4 ravisseurs armés se réclamant du FLCS (front de libération de la Côté des Somalis). Ce car devait emmener 31 enfants de militaires français âgés de 5 à 12 ans à leurs écoles. Le chauffeur, appelé du contingent âgé de 19 ans, fait partie des otages.

Immédiatement, les ravisseurs et les otages se rendent à Loyada, à 15 km de Djibouti, tout près de la frontière avec la Somalie. Lors du trajet, ils tirent sur les militaires qui essaient de les intercepter. De premières négociations démarrent au poste frontière de 8 à 11h. Sous la menace, les ravisseurs se rendent ensuite dans le no mans land avec le bus et les enfants.

Photos reconstituant le début de la prise d’otages avec 3 témoins

De nouvelles négociations se tiennent du 3 février 11h jusqu’au 4 février 15h. L’attente est interminable pour les otages comme pour leurs familles.

En soirée du 3 février, Jehanne Bru, assistante sociale de l’armée, rejoint les enfants pour les soutenir.

Les ravisseurs, rejoints par d’autres qui les relaient, venus du poste frontière somalien, menacent d’exécuter les otages et revendiquent :

  • l’indépendance de Djibouti,
  • le départ de l’armée française.

Parallèlement, le gouvernement français fait mettre en place un dispositif de libération des otages avec notamment :

  • le GIGN envoyé de Paris, arrive sur place à l’aube du 4 février,
  • le 2è REP (régiment étranger de parachutistes) de la légion étrangère.

La Somalie, dont le poste frontière se situe désormais à une dizaine de mètres du car, déclare qu’elle n’interviendra pas. Les troupes françaises sont positionnées à, au moins, 200 m du car.

Photo de l’intervention des troupes françaises, avec 2 véhicules blindés à droite, des soldats et 2 autres véhicules blindés à gauche.

Le 4 février à 15h45, le GIGN abat au moins 5 terroristes lors d’un tir simultané, puis, avec les légionnaires, les gendarmes se précipitent pour libérer les otages.

Cependant, d’autres ravisseurs, soutenus par les soldats somaliens, leur tirent dessus.
Plus d’une vingtaine d’entre eux seront également abattus.
Cet “incident de frontière” de 20 minutes obligera les légionnaires français à envahir une partie du territoire somalien, plus de 20 000 douilles seront recensées.

Malheureusement, un terroriste réussit à tirer une rafale contre le bus.
2 enfants sont tuées : Nadine et Valérie.
Plusieurs autres et le chauffeur Jean-Michel sont grièvement blessés.
Certains resteront handicapés à vie
Tous sortent traumatisés, comme leurs familles cantonnées à Djibouti.

Après 34 heures de captivité, les otages survivants sont rapatriés sur Djibouti, puis quelques jours après, les plus grièvement blessés, sur Paris.

Une enquête judiciaire est enclenchée par le procureur de la République de Djibouti.
Plusieurs otages, gendarmes, légionnaires, et même des membres supposés du FLCS, seront entendus.
L’enquête ne sera jamais poursuivie, du moins officiellement.En juin 1977, le TFAI accède à l’indépendance et devient République de Djibouti.

Depuis 1976, les pouvoirs publics :

  • n’ont assuré aucun suivi psychologique des enfants et des familles, notamment celles de Valérie et Nadine.
  • n’ont pris de nouvelle de personne, ne serait-ce que pour s’inquiéter de leur santé ou de leur scolarité.

Depuis 1976, plusieurs autres ex-otages sont décédés :

  • dans les années 1980 : Thierry et Jean-Luc (accidents),
  • dans les années 2010 : David (suicide), Malick et Stéphane (maladie).

Yonis à droite, dernier ex otage retrouvé avec Serge, ex otage également

Fin 2015 et début 2016, les attentats et la sortie d’un livre sur la prise d’otages, incitent certains d’entre eux à retrouver leurs anciens camarades d’école et leurs familles.
Ce qu’ils réussissent en quelques semaines.
En avril 2016, l’association Les Oublié.e.s de Loyada est créée.
Depuis, elle regroupe les otages, leurs familles et des gendarmes du GIGN et des légionnaires qui ont contribué à leur libération.

Les objectifs des Oublié.e.s de Loyada sont :

  • la reconnaissance par l’Etat des otages et de leurs familles, puisque la législation actuelle ne reconnait les victimes du terrorisme qu’à compter du 1er janvier 1982 (ordonnance n° 2015-1781 du 28 décembre 2015 intégrée dans le code des pensions civiles et militaires).
  • de veiller à ce qu’une exploitation intellectuelle, notamment cinématographique, prenne en compte l’avis et les intérêts des victimes.

Depuis 2016, les pouvoirs publics (présidents de la République, ministres,…) ont été interpellés.

Fin juin 2018, aux multiples courriers,… :

  • soit aucune réponse n’a été donnée,
  • soit un renvoi à d’autres ministres soi-disant plus compétents a été formulé, sans suite aucune depuis,
  • aucune information ou proposition n’a résulté de ces maigres « réponses ».

En février 2018, l’AFVT apporte immédiatement son soutien aux anciens otages et à leurs familles à travers les Oublié.e.s de Loyada.

Le 9 mai 2018, la députée Valérie Lacroute, sensible à la démarche des Oublié.e.s de Loyada, dépose sur le bureau de l’Assemblée nationale la proposition de loi n°949 visant à reconnaitre les victimes du terrorisme à partir du 1er janvier 1974: découvrez la proposition de loi
L’association souhaite que cette proposition soit soutenue par de nombreux parlementaires.

9 ex otages à Aix-en-Provence le 29 avril 2017

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