MALI – Attaque du restaurant « La Terrasse » à Bamako

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Situé rue Princesse, dans le quartier de l’Hippodrome, « La Terrasse » est un bar-restaurant réputé pour être un lieu de rassemblement des expatriés de Bamako. L’attentat, revendiqué par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune, a tué cin personnes et fait une dizaine de blessés.

Les faits

Peu après minuit, un homme cagoulé fait irruption devant l’établissement et fait usage de plusieurs grenades explosives dont certaines n’explosent pas. Armé d’un fusil d’assaut, l’homme pénètre ensuite dans le bar et fait brièvement feu sur la clientèle au rez-de-chaussée. Le tireur ressort du bâtiment et aurait lancé deux grenades supplémentaires pour couvrir sa fuite à bord d’un véhicule où l’attendait un complice. Lors de leur fuite, les auteurs de l’attaque tirent sur une patrouille de police et abattent un agent malien.

Les victimes

L’attentat a tué 5 personnes dont un Français et fait au moins 8 blessés.

– Fabien GUYOMARD. Né le 4 août 1984, il était ingénieur depuis 2013 pour une société de construction américaine opérant au Mali (ICMS Africa) et vivait à Bamako depuis 2007.
– Ronny PIENS. De nationalité belge, ce Lieutenant-colonel était responsable de la sécurité pour la délégation de l’Union européenne présente au Mali. Il était âgé de 44 ans.
– Cheick Oumar DEMBELE. Il est l’une des trois victimes maliennes abattues lors de l’attaque. Il appartenait à la patrouille de police sur laquelle le commando terroriste a ouvert le feu lors de sa fuite.

Parmi les blessés figurent deux soldats suisses qui, après avoir été pris en charge par les médecins de l’ONU à Bamako, ont été transférés à l’hôpital de Dakar. Deux experts internationaux travaillant pour le compte de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali) ont également été touchés.

L’enquête

Le samedi 7 mars, le parquet anti-terroriste de Paris diligente une enquête pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs. Il est à noter que le ministère public déclenche automatiquement l’action publique lorsqu’un ressortissant français est victime d’un crime à l’étranger.

Au niveau national, l’enquête est confiée conjointement à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT). Compte tenu de la nationalité et de la qualité des victimes de l’attaque, les investigations sont également menées sur place par des policiers belges, des policiers de la mission de formation européenne Europ-Sahel et des enquêteurs spécialisés appartenant à la mission des Nations unies au Mali.

Malgré les nombreux témoignages recueillis sur place, la composition exacte du commando demeure indéterminée. Les récits semblent confirmer qu’un tireur unique a pénétré dans l’établissement et qu’au moins un complice attendait dans un véhicule pour s’enfuir. Il n’est pas exclu, cependant, que d’autres individus aient pu jouer un rôle d’appui à l’assaillant.

La revendication par Al-Mourabitoune, aujourd’hui affilié à Al-Qaïda.

Compte tenu de la pression exercée par les groupes djihadistes sur la région sahélienne, les soupçons se portent immédiatement sur la piste du terrorisme islamiste.

Dès le lendemain, l’agence mauritanienne Al-Akhbar diffuse un enregistrement dans lequel le djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, chef de l’organisation Al-Mourabitoune, ayant depuis prêté allégeance à Ayman Al-Zawahiri, revendique l’attentat perpétré contre le bar-restaurant « La Terrasse ». Mokhtar Belmolhtar est notamment connu pour voir été impliqué dans l’attaque du complexe gazier d’In Amenas (Algérie) en janvier 2013.

Dans cet enregistrement, rapidement authentifié par les services de renseignements, Mokhtar Belmokhtar affirme avoir voulu « venger les insultes et les moqueries faites au prophète Mohammed » ainsi que la mort d’Ahmed Al-Telmissi. Ce dernier, cadre de l’organisation terroriste MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest) avait été abattu par les forces militaires françaises dans la nuit du 10 au 11 août 2014.

Al-Mourabitoune est issu de la jonction entre deux organisations djihadistes : le MUJAO dont Ahmed Al-Telmissi était un cadre dirigeant et le groupe des Signataires par le sang, mené par Mokhtar Belmokhtar.

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