Attentat raté dit des « bonbonnes de gaz » à Notre-Dame de Paris & attaque à Boussy-saint-Antoine

2-1.jpg

Déroulé des faits :

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, deux jeunes femmes fichées S (Inès MADANI et Ornella GILLIGMANN) déposent à proximité de la cathédrale Notre Dame de Paris, rue de la Bûcherie face à un restaurant bondé, une voiture à la cargaison mortelle : 6 bonbonnes de gaz dans le coffre, entourées d’une couverture imbibée de gazole. Une cigarette allumée est jetée dans le coffre, les deux femmes prennent alors la fuite laissant derrière elles la voiture prête à exploser.

Les forces de l’ordre seront averties de la présence suspecte d’une voiture aux feux de détresse allumés et stationnée en plein milieu de la chaussée. La couverture n’a pas pris feu empêchant les bonbonnes de gaz d’exploser.

Les deux femmes se sépareront le lendemain, Ornella GILLIGMANN rejoindra ses enfants et son ex-époux avec qui elle prendra la fuite vers Marseille avant d’être arrêtée le 6 septembre sur une aire d’autoroute.

Inès MADANI, avec l’aide de Samia CHALEL, trouvera refuge chez Amel SAKAOU à Boussy-saint-Antoine. Sur place se trouve également Sarah HERVOUET qui avait quelques jours plus tôt envisagé d’égorger le Maire de Cogolin avant de renoncer et de rejoindre l’appartement de Boussy-saint-Antoine.

Le 8 septembre 2016, un renseignement permet aux forces de l’ordre d’apprendre qu’Inès MADANI se trouve dans un appartement à Boussy-saint-Antoine. Un dispositif policier est alors mis en place sur place.

Inès MADANI, accompagnée d’Amel SAKAOU et Sarah HERVOUET, quittent l’appartement armées de couteaux. Sarah HERVOUET poignardera un conducteur stationné qui se révèlera être un policier en planque.

Inès MADANI se dirigera, couteau à la main, face à l’un des policiers venus les arrêter suite à l’alerte lancée par le blessé. Ledit policier tirera quatre fois sur elle et la touchera deux fois aux jambes avant de pouvoir l’interpeller vivante.

Les trois femmes seront arrêtées ce jour-là.

 

 

Les victimes :

  • Deux policiers intervenus lors de l’arrestation

 

Profil des auteurs :

Le profil des auteurs est sans doute le fait majeur de l’attentat raté et de l’attaque des policiers. En effet, les personnes impliquées sont majoritairement des femmes et les auteurs directs sont toutes des femmes.

Rachid KASSIM, cadre de l’Etat islamique, serait depuis la zone Irako-syrienne le commanditaire de ces actions violentes. Il est aujourd’hui réputé mort.

Concernant l’attentat raté des bonbonnes de gaz, les auteurs sont Inès MADANI et Ornella GILLIGMANN. Ces deux jeunes femmes étaient fichées S pour avoir, notamment, tenté de se rendre en Syrie.

Concernant les faits de Boussy-saint-Antoine, les auteurs sont Inès MADANI, Amel SAKAOU, Samia CHALEL et Sarah HERVOUET. Elles étaient elles aussi fichées S et connues pour leur radicalisation.

Selima ABOUDI, une autre femme, a eu connaissance d’une action violente projetée par Inès MADANI (alias Abu Souleyman) et n’a pas averti la police.

Mohamed Lamine ABEROUZ est quant à lui connu pour ses liens avec les auteurs des attentats de Magnanville et Saint-Etienne-du-Rouvray. Il est fiché S.

 

Enquête et procédure judiciaire :

L’information judiciaire révèlera que toutes ces femmes étaient en lien avec l’Etat islamique, notamment avec le djihadiste franco-algérien Rachid KASSIM, et qu’elles avaient prêté allégeance à l’organisation terroriste.

Pour rappel, Rachid KASSIM est le commanditaire de plusieurs attentats en France dont l’exécution du couple de policiers à Magnanville et l’égorgement du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il publie le « guide du lion solitaire » destiné à aider les djihadistes Français à commettre des attentats en France. Ce guide conseille, notamment, de commettre un attentat avec une voiture remplie de bonbonnes de gaz ou encore d’égorger un Maire…Précisément les actes projetés ou tentés par les accusés. Rachid KASSIM est aujourd’hui réputé mort.

En outre, l’information judiciaire révèlera que deux personnes étaient possiblement au courant de l’imminence d’actions violentes et n’auraient pas alerté les forces de l’ordre : Mohamed Lamine ABEROUZ et Selima ABOUDI.

Enfin, il sera découvert qu’Inès MADANI se faisait passer sur les réseaux sociaux pour un djihadiste revenu de Syrie et que, notamment, Ornella GILLIGMANN et Samia CHALEL étaient tombées amoureuse de « lui ». Inès MADANI se serait servie de cette fausse identité afin de recruter des femmes prêtes à passer l’action sur le territoire national.

Après un procès long de trois semaines, le 14 octobre 2019 la Cour d’assises spécialement composée a rendu son verdict :

  • Rachid KASSIM, réputé mort, est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
  • Inès MADANI est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle.
  • Ornella GILLIGMANN est condamnée à 25 ans de réclusion criminelle.
  • Sarah HERVOUET est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle.
  • Amel SAKAOU est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle.
  • Samia CHALEL est condamnée à 5 ans d’emprisonnement dont un avec sursis.
  • Mohamed ABEROUZ est condamné à 3 ans d’emprisonnement.
  • Selima ABOUDI est condamnée à 3 ans d’emprisonnement avec sursis.

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *