22 juin 2016 : conférence-débat au centre pénitentiaire Orléans-Saran

Terrorisme_ecoute_victimes_logo_150Mercredi 22 juin 2016

Conférence-débat au centre pénitentiaire Orléans-Saran

Une délégation de l’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT.org) a mené une conférence-débat, entre 15h et 17h, dans l’enceinte du centre pénitentiaire Orléans-Saran auprès de vingt détenus. En étroite coordination avec la psychologue PEP (Projet d’Exécution de Peine), l’AfVT.org a conçu cette rencontre conformément aux dispositions éditoriales de son programme “Terrorisme, et si on écoutait les victimes ?”.

La conférence qui s’est tenue dans l’enceinte du gymnase de l’établissement a débuté par la projection d’une vidéo de 5 minutes. Ce film, réalisé par Jean-Louis NORMANDIN, fait partie d’une collection de 21 portraits de victimes du terrorisme du monde entier pilotée par l’AfVT.org. Il donne la parole à Ashraf AL-KHALED, citoyen jordanien ayant perdu 27 membres de sa famille dans un attentat commis par Al Qaida en 2005.

Cette vidéo était destinée à présenter d’emblée une victime qui se positionne comme acteur social et mobilisé contre le terrorisme.

Les intervenants

La conférence s’est poursuivie avec le témoignage personnel de trois victimes de l’AfVT.org :

Yohanna BRETTE, qui a perdu sa mère dans l’attentat commis contre le DC10 d’UTA, le 19 septembre 1989, alors qu’elle n’était qu’un bébé.

Guillaume DENOIX de SAINT MARC, qui a perdu son père dans l’attentat commis contre le DC10 d’UTA, le 19 septembre 1989, et qui fondé en 2009 l’Association française des Victimes du Terrorisme.

Guy BENAROUSSE, blessé par balle dans l’attentat de la rue des Rosiers, le 9 août 1982, et qui se consacre depuis à la promotion du vivre-ensemble et de la citoyenneté positive.

Les détenus ont ensuite fait part de leurs réactions et de leurs réflexions, les échanges étant modérés par Stéphane LACOMBE, directeur-adjoint de l’AfVT.org.

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Yohanna Brette, Guillaume de Saint Marc, Guy Benarousse (c) AfVT.org

Yohanna BRETTE

“Je ne ressens pas le besoin d’évoquer l’attentat du DC10 en tant que tel. Ce qui m’importe, c’est de partager mon expérience à travers mon parcours familial, scolaire et personnel car cet attentat a fait de moi une orpheline. Ce qui s’est passé, ce jour-là, a complètement changé mon destin. C’est aussi ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. J’ai toujours eu du mal à rentrer dans les cases et je ne me suis jamais laissée faire. Certains détenus sont venus me voir car ils ont vécu certaines épreuves identiques aux miennes. La qualité de ces échanges n’a pas de prix.”

Guillaume DENOIX de SAINT MARC

“Selon notre approche, les victimes ne sont pas des professeurs installés sur une estrade. Pour nous, il est important de tenir un langage de vérité et de refuser l’infantilisation. Nous défendons les mêmes valeurs, quel que soit le public qui nous écoute. Nous venons sans idée préconçue car, en tant que victimes du terrorisme, nombre d’entre nous ont vécu la stigmatisation et le fait de ne pas (re)trouver sa place dans la société. J’ai beaucoup insisté sur notre désir de reconnaissance et de justice. Ce besoin de justice est un besoin humain sur lequel tout le monde peut s’accorder.”

Guy BENAROUSSE

“Dans toutes mes actions, notamment l’esplanade des religions et des cultures à Bussy Saint-Georges, mais aussi lors de nos rencontres organisées par l’AfVT.org, je tiens à placer au cœur de mon récit une chose : si j’avais écouté tous ceux qui m’ont dit de laisser tomber mes projets, je n’aurais rien fait de ma vie. J’ai été blessé à l’âge de 16 ans par un terroriste. J’ai toute de suite compris que je ne pouvais pas m’engager sur la voie de la vengeance. Alors j’ai travaillé. J’ai travaillé pour récupérer physiquement. Je n’aimais pas l’école. Alors j’ai dû lire, étudier tout seul. Je me suis reconstruit comme être humain. Et aujourd’hui, je suis là pour témoigner que, oui, il est possible de changer les choses. Il est possible d’accepter l’altérité. Comme je le répète souvent, je m’arrêterai le jour où le vivre-ensemble sera devenu un non-événement.”

Tous nos remerciements à la Direction de l’établissement, à la psychologue PEP, aux personnels qui ont rendu possible cette conférence-débat… Et, surtout, merci aux détenus pour la qualité de leur écoute et leur respect.

Un commentaire

  • Arantza Mota

    14 septembre 2016 at 8 h 55 min

    Chers amis. J’ai beaucoup aimé cette approche que vous raccontez brievement. J’aimerais bien parler avec vous sur votre expérience.
    Merci!

    Reply

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A propos de l’AFVT

La vocation de l’Association française des Victimes du Terrorisme est d’agir au plus près des victimes du terrorisme pour accompagner leur travail de guérison, de reconnaissance, de vérité, de deuil et de mémoire tout en soutenant la lutte contre la banalisation de la violence et la barbarie.


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