Lundi 12 janvier 2013

Exécution de l’otage Denis ALLEX en Somalie

Le 12 janvier 2013, une opération de libération menée par les forces spéciales et les services français dans un village du sud de la Somalie se solde par l’exécution de l’otage français Denis ALLEX, agent de la DGSE retenu par les djihadistes d’Al-Shebab depuis juillet 2009.

Échec d’une opération de libération de la DGSE et des forces spéciales françaises

L’assaut du 12 janvier 2013 est l’aboutissement de longs mois de préparation et de plusieurs années d’opérations clandestines des services de renseignement français dans la Corne de l’Afrique. Face à la stérilité des négociations entre la France et les djihadistes du groupe Al-Shebab, qui durent alors depuis plus de trois ans, une opération de libération de vive force est finalement ordonnée par l’Élysée en décembre 2012. Elle est planifiée et conduite par le Service action de la DGSE avec l’appui du Commandement des opération spéciales, et du reste des armées françaises. Un avion C-130 Gunship américain participera également à l’opération.

carte exécution

L’assaut démarre le 11 janvier 2013 à minuit par l’héliportage d’une cinquantaine de commandos-parachutistes du Service action depuis le bâtiment de projection et de commandement Mistral, évoluant au large des côtes de la Somalie. Les commandos français sont déposés par cinq hélicoptères près de la localité somalienne de Daydoog, située à une dizaine de kilomètres du village de Bulomarer, près duquel Denis ALLEX est retenu dans une petite habitation donnant sur une cour fermée par un mur. Arrivés à quelques mètres de la bâtisse après plusieurs heures de marches, afin de préserver l’effet de surprise, les commandos vont néanmoins tomber sur un milicien somalien qui va donner l’alerte avant d’être abattu. Les Français vont alors se heurter à des dizaines de miliciens somaliens, plus nombreux et lourdement armés que prévu, durant plus de 45 minutes de combat. Ils sont appuyés par des hélicoptères de combat français et au moins un avion de combat américain C-130 Gunship.

Dès le début de ces affrontements d’une grande violence, l’otage Denis ALLEX est mis à l’écart et abattu par ses ravisseurs, selon toute vraisemblance. Un militaire français est également tué, et un autre blessé grièvement. Ce dernier succombera à ses blessures dans l’hélicoptère le ramenant vers le Mistral. La violence des combats, où entre 50 et 70 miliciens seront abattus, ainsi que l’arrivée de nombreux renforts hostiles sur zone, ne permettra pas aux Français de récupérer les deux dépouilles de leurs camarades.

Les victimes

L’otage français Denis ALLEX, dont le nom réel demeure inconnu, était un agent français de la DGSE d’une quarantaine d’années. Il avait été capturé par des miliciens somaliens avec son collègue Marc AUBRIÈRE le 14 juillet 2009 dans un hôtel Mogadiscio, alors qu’ils étaient en mission auprès du gouvernement somalien de transition. Si Marc AUBRIÈRE, détenu séparément, était parvenu à déjouer la surveillance de ses ravisseurs et avait pu s’échapper dans la nuit du 25 au 26 août 2009, Denis ALLEX avait, lui, été remis aux djihadistes du groupe Al-Shebab. Quelques jours après l’assaut, ce mouvement terroriste confirmera l’exécution de Denis ALLEX. Après la sénatrice franco-colombienne Ingrid BETANCOURT, il était l’otage français ayant connu la plus longue période de captivité à l’étranger.

L’opération s’est également soldée par la mort de deux commandos-parachutistes du Service action de la DGSE, un capitaine et un sergent-chef. Dans les jours suivant l’assaut, une photo présentée comme la dépouille du capitaine sera mise en scène et publiée sur Twitter par les djihadistes somaliens d’Al-Shebab.

Le quotidien régional La Voix du Nord a publié quelques éléments biographiques sur Denis ALLEX dans un article de janvier 2013, pour le consulter, cliquer ici.

Une action de représailles contre le leader des Al-Shebab

Lors de la cérémonie d’hommage aux personnels tués s’étant tenue quelques jours après l’échec de la tentative de libération à Perpignan, le Président de la République François Hollande laissera entendre qu’une opération de représailles pourrait avoir lieu.

Le groupe djihadiste somalien Al-Shebab, affilié à Al-Qaïda est actif dans toute la Corne de l’Afrique, comme en témoignent les attentats qu’il revendique à Nairobi en septembre 2013 et à Djibouti en mai 2014. A ce titre, il s’agit d’un ennemi des Etats-Unis et de la France. L’exécution de Denis ALLEX a donc vraisemblablement donné lieu à une action des services français, menée en coopération avec leurs homologues américains.

Le leader du mouvement djihadiste, Mokhtar Abu Zubeyr, de son vrai nom Ahmed Abdi Aw Mahamud Godane, aurait été désigné cible prioritaire par l’Élysée. Également traqué par les services américains, le chef du groupe terroriste sera tué dans sa voiture dans le sud de la Somalie le 1er septembre 2014, par un tir combiné de missiles depuis un drone américain, et de plusieurs bombes délivrées par des avions de combat américains. Selon des sources concordantes, la localisation exacte d’Ahmed Godane a été directement fournie par les services français à leurs homologues américains pour permettre son élimination.



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