afvt_bouton_attentat-radisson-blu-2015Vendredi 20 novembre 2015

Attaque contre l’hôtel « Radisson Blu » à Bamako (Mali)

Le 20 novembre 2015, des terroristes du groupe Al-Mourabitoune ont attaqué l’hôtel Radisson Blu de la capitale malienne, tuant une vingtaine de personnes. Les terroristes seront abattus par les forces maliennes, françaises et américaines.

Fusillade et prise d’otages dans un hôtel

L’attaque du Radisson Blu reprend le mode opératoire de la tuerie de masse, introduit par les attentats de Mumbai (Inde) en 2008 : des attaques perpétrées à l’arme automatique et à l’explosif dans des lieux publics très fréquentés. Ce type d’opération vise à causer un maximum de victimes, à faire durer l’action terroriste et complexifier la réponse des forces de l’ordre, afin d’optimiser l’attention médiatique sur l’attentat. L’attaque est similaire aux attentats de Ouagadougou (Burkina Faso) de janvier 2016, et de Grand-Bassam (Côte d’Ivoire) de mars 2016.

carte radisson blu

Le matin du 20 novembre 2015, aux alentours de 7h00, deux hommes armés de fusil d’assaut de type Kalachnikov pénètrent dans l’enceinte de l’hôtel Radisson Blu à bord d’un véhicule portant des plaques diplomatiques. Il s’agit d’un établissement de luxe de la capitale malienne, fréquenté des expatriés occidentaux. Au moment de la prise d’otages, 170 clients de 14 nationalités, dont de nombreux personnels des compagnies aériennes Air France et Turkish Airlines, se trouvent à l’intérieur, ainsi que 18 employés de l’hôtel. Les terroristes ouvrent d’abord le feu sur les personnels de sécurité, tuant deux gardes, avant de pénétrer dans le bâtiment. Une fois à l’intérieur, ils tirent sur le personnel et la clientèle, provoquant un mouvement de panique. De nombreuses personnes ont alors pu fuir lors de ces premières minutes de confusion.

Les terroristes vont ensuite monter dans les étages et se concentrer au 7ème, en ouvrant le feu dans les couloirs, piégeant ainsi des dizaines de clients dans leurs chambres. Ils redescendent par la suite au 4ème étage où ils seront pris à partie par les forces maliennes, appuyées par des militaires français et américains, dépêchés sur place. Les terroristes sont finalement abattus dans l’après-midi.

Les victimes

L’attaque a fait 20 morts et une dizaine de blessés. Au moins cinq Maliens, quatre Belges, six Russes, trois Chinois et un Américain font partie des victimes décédées.

Un attentat revendiqué par le groupe Al-Mourabitoune, aujourd’hui affilié à Al-Qaïda

L’attaque du Radisson Blu de Bamako est revendiquée par le groupe djihadiste Al-Mourabitoune dans un document sonore diffusé le jour même par la chaîne Al-Jazeera. Al-Mourabitoune est né de la fusion de deux factions terroristes de la bande sahélo-saharienne : Les Signataires par le sang, dont l’attentat le plus marquant est l’attaque du complexe gazier d’In Amenas (Algérie) en janvier 2013, et le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) actif lors de la conquête du Nord Mali par les djihadistes en 2012. Tout comme Les Signataires par le sang avant lui, le mouvement Al-Mourabitoune est dirigé par Mokhtar Belmokhtar.

Les terroristes auraient présenté l’attentat comme une réaction à la détention de deux membres du groupe en Mauritanie et au Niger. Par cette attaque dans la capitale malienne, il s’agit également de signifier que les djihadistes demeurent actifs dans la région malgré les opérations militaires françaises Serval puis Barkhane. Il est également vraisemblable que l’attaque du Radisson Blu a été pensée comme une action visant à concurrencer Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), auquel Mokhtar Belmokhtar a appartenu par le passé, et avec lequel il entretient des relations difficiles. Néanmoins, suite à l’émergence de l’organisation État islamique et son activisme en Libye et au Nigeria, la direction d’Al-Qaïda aurait expressément demandé qu’Al-Mourabitoune rejoigne AQMI. Ce sera chose faite en décembre 2015, quand le groupe de Mokhtar Belmokhtar déclarera prêter allégeance à Al-Qaïda.



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