Lundi 11 juillet 1988

Attentat contre le City of Poros (Grèce)

Un commando terroriste composé de 4 hommes a tiré au pistolet-mitrailleur à bord d’un bateau assurant la liaison entre Athènes et plusieurs îles grecques, le City of Poros.

Les tirs sont nourris et aveugles. Ils s’accompagnent de deux explosions, l’une provoquée par une grenade et l’autre par une bombe incendiaire qui détruit le poste de pilotage du navire.

L’incendie qui se déclare provoque l’effondrement du plafond de la grande salle de la cafétéria et déclenche un mouvement de panique chez les passagers. Nombre d’entre eux se jettent à l’eau sans gilet de sauvetage.

L’attaque fait 9 morts, dont 3 Français : Annie AUDEJEAN, Isabelle BISMUTH et Laurent VIGNERON.

On déplore aussi 46 blessés dont 31 Français.

Quelques heures avant cette attaque, une voiture piégée avait explosé – semble-t-il prématurément – devant le point d’amarrage du City of Poros. Deux personnes avaient trouvé la mort à l’intérieur du véhicule. Les recherches ont révélé la présence d’armes et d’argent liquide à bord.

Le lien entre cette explosion et l’attentat sur le bateau a semblé évident aux enquêteurs, mais faute de preuves suffisantes, il a toujours été impossible de déterminer précisément lequel. Il est probable qu’une mauvaise manipulation des explosifs soit la cause de l’explosion.

Dans un premier temps, les autorités grecques accusent Laurent VIGNERON d’être le principal (voire le seul) auteur de l’attaque.

Ce dernier sera bien sûr mis hors de cause, mais ces accusations ont ajouté à la douleur de la famille.

Deux jours après l’attaque, un groupe jusqu’alors inconnu, l’Organisation des Martyrs de la Révolution Populaire de Palestine, revendique l’attentat dans un communiqué diffusé à Beyrouth.

Selon le juge Jean-Louis BRUGUIÈRE en charge de l’enquête, la lenteur de l’enquête s’explique par la concurrence entre la police du port d’Athènes et celle de la ville. Un manque de coopération entre les autorités françaises et grecques a également retardé son développement.

Le juge BRUGUIÈRE a conclu que les membres du commando sont tous mort, sans avoir pour autant de véritables preuves car les corps n’ont pas été retrouvés.

Par conséquent, la justice a pu poursuivre les présumés terroristes par contumace. C’est aussi pour cela que le non-lieu n’a pas été prononcé, car personne n’a pu apporter la preuve de leur mort.

Le but de l’attentat était, semble-t-il, d’empêcher l’extradition en Grèce d’un palestinien soupçonné de terrorisme. Il devait être jugé à Athènes.

Le 26 février 1992, le juge BRUGUIÈRE lance un mandat d’arrêt international contre les terroristes présumés : Khaidir, Sojod, Amoud et Muheiddine. Sojod est accusé d’homicides volontaires et de tentative d’homicides volontaires. Khaidir et Amoud sont accusés de complicité d’homicides volontaires et de tentative d’homicides volontaires. La cour d’Assises de Paris est chargée de l’affaire.

L’AfVT.org, via « Les Familles de l’attentat contre le DC10 d’UTA », était partie civile dans le procès qui s’est tenu du 27 février au 3 mars 2012.



> Retour à la liste des attentats